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ARENE

Le premier roman de Négar Djavadi, « Désorientales », paru en 2016, avait connu un beau succès. Cette fresque racontait, sur trois générations, l’histoire d’une famille iranienne, son exil et son installation en France. Aujourd’hui, avec « Arène », elle nous offre un thriller urbain organisé comme une série Netflix et se déroulant dans les quartiers de l’est parisien.

Benjamin Grossman, le personnage principal, aujourd’hui directeur de fictions d’une plateforme américaine BeCurrent, se fait voler son téléphone portable. Ce fait divers banal va se transformer par un effet papillon en une tornade qui va tout embraser.

Entrent en scène autour de Benjamin hanté par son éventuelle culpabilité : le cadavre d’un adolescent, une femme flic d’origine maghrébine, une jeune fille qui filme la policière, l’image trafiquée qui est balancée à toute vitesse sur les réseaux sociaux, une candidate à la Mairie de Paris …

Dans ce roman choral, l’auteur porte un regard lucide sur notre monde moderne, sur la puissance des images et sur la fragilité de notre société. Une critique sociale bien réelle que nous suivons comme autant d’épisodes d’une série télévisée. Une peinture réaliste très réussie et au plus près de l’actualité.

 

RACHEL ET LES SIENS

Metin Arditi, avec son talent de conteur, nous entraîne au cœur des conflits du Moyen Orient. Rachel a douze ans et vit à Jaffa avec ses parents, des juifs palestiniens. Ils partagent leur maison avec des palestiniens chrétiens et leurs enfants grandissent comme frère et sœur jusqu’à l’arrivée d’une famille Ashkénaze qui va bouleverser cet équilibre. Cette arrivée en masse des juifs d’Europe de l’Est,  va tout remettre en question et les entrainer dans des conflits religieux et des guerres.

Rachel résistera aux épreuves qu’elle devra traverser grâce à son talent pour le théâtre qui lui permet d’exprimer ses convictions et ses espoirs de cohabitation entre arabes et juifs. Malgré une vie agitée d’amours et de deuils,  elle affrontera les années d’exil de Jaffa à Istanbul puis à Paris, toujours au service du théâtre et créera une œuvre bouleversante qui sera jouée sur de nombreuses scènes et même en Israël où elle est revenue à la fin de sa vie.

Une figure charismatique, une femme indomptable, une « femme forteresse ».

OCTOBRE 2020

ROMANS ou RÉCITS

 

BONNEFOY Miguel — Héritage
BOUYSSE FranckLes buveurs de vent
BOYNE John L’audacieux Monsieur Swift
CHICHE SarahSaturne
FOENKINOS DavidLa famille Martin
HIGASHINO KeigaLes miracles du bazar Namiya
HOWARD E. J. Étés anglais, La saga des Cazalet T1
HOWARD E. J.À rude épreuve, La saga des Cazalet T2
KEN FOLLETTLe crépuscule et l’aube
LE BAILLY David L’autre Rimbaud
LEVY Marc C’est arrivé la nuit
DE LUCA Erri Impossible
MARTINEZ CaroleLes roses fauves
NATHAN TobieLa société des Belles Personnes
PETITMANGIN LaurentCe qu’il faut de nuit
OCTAVIA Gaêl La bonne histoire de Madeleine Démétrius
ROCHAS Anne La femme qui reste
WHITEHEAD Colson Nickel boys

 

ROMANS POLICIERS ou THRILLERS

GODDARD Robert Le monde des Abberley
JOY DavidCe lien entre nous
MUKHERJEE  AbirLes princes de Sambalpur

LA RÉPUBLIQUE DU BONHEUR

On retrouve dans La République du bonheur les personnages principaux de La Papeterie Tsubaki.
Hatoko, la jeune fille qui a hérité, à la mort de sa grand-mère, de la papeterie dans laquelle elle exerce l’activité de calligraphe/écrivain public, est maintenant mariée avec Mitsurô, le patron du café d’à-côté. Ensemble, ils élèvent la fille de Mitsurô, Haru, qui a maintenant 7 ans.
Hatoko nage dans le bonheur.
Bonheur d’être la maman de la petite Haru — un nouveau statut qui l’aide à prendre du recul par rapport à sa propre éducation.
Bonheur de tous les instants de la vie quotidienne qu’Hatoko savoure : l’odeur des feuilles de thé, la saveur des plats qu’elle a minutieusement préparés, le sentiment d’harmonie et de bien-être lorsqu’elle se promène en forêt avec sa famille, attentive au chant des oiseaux, à la beauté des arbres et au parfum des fleurs.
Seul grain de sable dans ce bonheur familial : Hatoko et Mitsurô sont en désaccord sur la place qu’il convient de faire à l’ex-épouse de Mitsurô et mère de Haru. Faut-il tourner la page, ou cohabiter avec le souvenir de l’épouse décédée ?

Bonheur également de son travail de calligraphe/écrivain public, malgré certaines demandes extravagantes de la part de ses clients. Toutes ces lettres jouent un rôle parfois crucial dans leur vie — et, finalement, dans la sienne aussi.

Ce livre est une invitation à profiter de tous les plaisirs de la vie, à ne pas courir après l’argent, les honneurs ou le temps qui passe.
C’est un livre plein de délicatesse, de douceur et de sensualité. Une lecture apaisante qui, comme tous les récits d’Ito Ogawa, a la capacité de nous réconcilier avec le genre humain.
« Parce que la vie, ce n’est pas une question de longueur mais de qualité. Il ne s’agit pas de comparer avec le voisin pour savoir si on est heureux ou malheureux, mais d’avoir conscience de son propre bonheur. »

BETTY

Betty Carpenter, la Petite Indienne, est née dans une baignoire, sixième de huit enfants. Sa famille vit en marge de la société car, si sa mère est blanche, son père est cherokee. Dans la petite ville de Breathed en Ohio, Betty grandit avec ses frères et sœurs, bercée par la magie  des histoires de son père. Mais les plus noirs secrets de la famille se dévoilent peu à peu. Les filles Carpenter semblent condamnées : filles, elles sont à la merci de la violence des hommes, prolétaires elles ne connaissent que des petits boulots et des fins de mois difficiles. Betty, avec son teint mat et ses cheveux noirs d’Amérindienne, est stigmatisée à l’école.
Pour affronter le monde des adultes, Betty  confie sa douleur à des pages qu’elle enfouit sous terre au fil des années. Pour qu’un jour, toutes ces histoires n’en forment plus qu’une, qu’elle pourra enfin révéler.

Tiffany Mc Daniel s’inspire de la vie de sa propre mère, Betty, pour écrire ce roman enchanteur et tragique. Elle aurait aussi pu appeler son roman Landon, du prénom du papa  de Betty. Landon  raconte des histoires fabuleuses qui font écran à la laideur du monde. Il illumine l’enfance de sa fille. C’est un écologiste, attaché à préserver faune et flore, un botaniste qui transmet à ses enfants d’ancestrales techniques de jardinage, un guérisseur par les plantes, un ébéniste talentueux. Descendant des Cherokees,  il rend sa fille fière d’être femme et fière d’être cherokee.

Betty a été écrit en 2003. Il aura fallu quinze ans à Tiffany Mc Daniel pour se faire éditer en son propre pays. Les agents littéraires faisaient la moue à la lecture des passages évoquant les traumatismes liés au viol.
Mais avant toute chose, Betty célèbre le pouvoir de l’imagination.
Ce roman comporte certes des pages noires et tragiques, mais aussi une formidable palette de lumières et d’enchantements. C’est une lecture profondément marquante.

 

HISTOIRE D’UN FILS

Marie-Hélène Lafon réussit le prodige de nous raconter, en 180 pages, une saga familiale qui s’étend sur une frise chronologique allant de 1908 à 2008. L’auteur fait d’habiles allers-retours dans le temps et nous tricote ainsi un roman passionnant.

Au centre de cette saga, il y a un fils né de père inconnu et de Grabrielle, une femme de caractère, avertie, infirmière, émancipée à la vie parisienne, libre. À 37 ans, Gabrielle entretient une relation avec un homme de 21 ans. Du fruit de cette aventure naîtra donc André.
Ce bébé va être confié sans préavis à sa tante Hélène enracinée dans le Cantal, avec ses trois filles et son mari Léon. Ce couple va devenir une figure d’attachement  pour cet enfant. Il est aimé, choyé comme un fils légitime. Ils sont généreux, magnanimes, porteurs de vie, d’amour et les relations entre les deux soeurs se déroulent bien. Gabrielle revient périodiquement voir son fils sans jamais vivre avec.
Pourtant, André va éprouver un manque et chercher à comprendre, à connaître l’identité de son géniteur, mais il n’ira pas jusqu’au bout. Son fils Antoine parviendra à  démêler les noeuds….car la mémoire de la douleur de son père est devenue sa question à régler.
Antoine  bouclera l’histoire à Chanterelle, dans le Cantal, d’où Marie-Hélène Lafon est originaire. Elle parle encore et toujours de son pays, de sa terre.

Marie-Hélène Lafon est une autrice expérimentée, avec déjà treize romans à son actif. Elle est très appréciée des amateurs d’une langue pure et riche, de phrases denses et tout en nuances.
Elle nous livre ici un magnifique roman sur l’absence, la filiation, les secrets de famille, le poids du passé qui ressurgit et qui affecte profondément si on ne réussit pas à mettre des mots sur des non-dits.

Café littéraire du 10 octobre 2020

La Bibliothèque pour Tous s’est associée, comme chaque année, avec les  médiathèques de la ville (Anne Fontaine et Arthur Rimbaud) pour vous annoncer le lauréat du Prix 2020 des Lecteurs de la ville, et vous présenter une sélection des livres de la rentrée littéraire 2020. Ce café littéraire de rentrée aura lieu le samedi 10 octobre à 10h 30 et à 15 h.
En raison de la situation sanitaire, cette présentation ouverte à tous aura lieu à l’Espace Henri Lasson, Place du marché, et exclusivement sur réservation afin de limiter le nombre de personnes présentes dans cet espace clos. Vous pouvez vous inscrire pour le matin ou pour l’après-midi sur le site des médiathèques.

Exceptionnellement cette année, et pour les mêmes raisons que précédemment, il n’y aura pas de café littéraire consacré aux nouveautés de la rentrée à la Bibliothèque pour Tous, notre local ne pouvant accueillir un nombre suffisant de participants.

EXPOSITION PASCAL QUIGNARD À LA BNF

Le romancier Pascal Quignard, auteur de Tous les matins du monde, a fait don à la BNF de ses manuscrits, de sa correspondance, de tableaux, de photos et de livres rares. L’exposition, intitulée Fragments d’une écriture, comprendra une centaine de pièces et sera ouverte au public du 30 septembre au 29 novembre 2020.
Pascal Quignard était présent sur le plateau de La Grande Librairie, l’émission de François Busnel sur France 5, le mercredi 16 septembre 2020.
Pour en savoir plus : Communiqué de presse Pascal_Quignard

UNE RENTRÉE MASQUÉE

Depuis le 7 septembre, la bibliothèque a  de nouveau ouvert
ses portes aux horaires habituels. Comme partout, les mesures sanitaires qui étaient en vigueur cet été ont été reconduites  :
– Port du masque obligatoire.
– Lavage des mains par gel hydroalcoolique.
– Seules 3 personnes – ou une seule famille – sont
autorisées à entrer en même temps.
– Distanciation physique à l’intérieur de la
bibliothèque.
Les livres à rendre sont déposés par les lecteurs eux-mêmes
dans des caisses prévues à cet effet, afin d’être mis en
« quarantaine » pendant  48 heures.

Ces contraintes nous obligent malheureusement à reporter à une date ultérieure les animations que nous avions l’habitude de proposer : cafés littéraires, Heure du conte, Atelier des tout-petits, etc…
En revanche, notre partenariat avec les Médiathèques Anne Fontaine et Arthur Rimbaud pour le Prix des Lecteurs de la ville d’Antony continue : la sélection 2021 sera dévoilée le 21 novembre.
En attendant, n’hésitez pas à pousser la porte de la bibliothèque et à jeter un œil sur les nouveautés qui sont à votre disposition et sur nos coups de cœur.