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Sans plus attendre

Si l’épopée d’Ulysse est connue, que sait-on de son épouse Pénélope? Qu’elle voulait échapper aux prétendants voulant remplacer son époux et que pour ce faire elle filait le jour et défaisait son ouvrage la nuit.

Mais, qui était-elle outre l’épouse d’Ulysse, que pensait elle, comment se sont déroulées ces nombreuses années d’absence du héros ? C’est à rentrer dans l’intimité de cette femme que nous convie dans ce court roman Sylvie Durastanti.

C’est d’abord par son style, avec de longue phrases , que l’auteur nous plonge dans l’attente. L’envers de l’épopée d’Ulysse nous est racontée par deux femmes: Pénélope et Eri ,l’esclave qui a élevé Ulysse et mis au monde son fils. Nous cheminons dans leurs pensées et à travers leurs pensées suivons l’attente de Pénélope et l’histoire d’Ulysse.

De magnifiques descriptions des paysages de cette ile grecque, ensoleillée et ombragée par les chênes verts les lauriers, emplie des senteurs de thyms et autres romarins , et cette mer si fascinante et redoutable….

Ce court roman est à lire en prenant le temps de savourer.

JUIN 2022

ROMANS ou RECITS

ARDITI Metin — Tu seras mon père
AUTISSIER Isabelle — Le naufrage de Venise
BLONDEL Jean-Philippe — Café sans filtre
CAMINITO Giulia — L’eau du lac n’est jamais douce
CELINE L.Ferdinand — Guerre
ERNAUX Annie — Le jeune homme
FILTEAU-CHIBA Gabrielle — Sauvagines
FRAIN Irène — L’allégresse de la femme solitaire
KAWAGUCHI  T. — Tant que le café est encore chaud
KOURKOV Andreï — Le pinguoin
LAPIERRE Alexandra — Belle greene
MALFATTO Emilienne — Que sur toi se lamente le tigre
RUIZ Olivia — Ecoute la pluie  tomber
VINCENDON Sibylle — Trois alexandrines
YOSHIDA Atsuhiro — Bonne nuit Tôkyô

ROMANS POLICIERS  ou THRILLERS

BROWN Janelle — Jolies choses
KENNEDY Douglas — Les hommes ont peur de la lumière
MINIER Bernard — Lucia
NOREK Olivier — Dans les brumes de Capelans
QUINN   Cate — Les trois épouses de Blake Nelson
RAUTIAINEN Petra — Un pays de neige et de cendres

 

PALMARÈS DU PRIX DES LECTEURS 2022

Le palmarès du Prix 2022 des Lecteurs de la ville a été dévoilé samedi 20 mai à la Médiathèque Anne Fontaine.
Le livre de Clara Dupont-Monod, qui a obtenu de prestigieux prix littéraires, a également séduit l’immense majorité des lecteurs de la ville et est arrivé en tête du palmarès .
Viennent ensuite :
L’enfant Parfaite de Vanessa Bamberger
– puis L’ Ami de Tiffany Tavernier.

LES ABEILLES GRISES

Avec son talent de conteur, Andreï Karkov nous plonge dans le conflit installé en Ukraine depuis sept ans. La vie dans cette zone grise du Donbass, si elle est faite de peur, recèle aussi des moments d’entraide, de joies et de poésie où les personnages apportent l’espoir par leur bonté et leur humour.

Serguéï vit dans l’est du pays, dans un petit village de la « zone grise » du Donbass. Un seul voisin est resté avec lui au village où il n’y a plus d’électricité mais Serguéï n’envisage pas pour autant de vivre ailleurs que chez lui. Il est apiculteur et ses abeilles sont au centre de sa vie. Au printemps, il charge ses ruches dans sa vieille voiture et part à la recherche de prairies où elles pourront butiner. Commence alors un périple qui le conduira plus loin que prévu. La sagesse de ses abeilles saura l’apaiser et l’aider à affronter les difficultés rencontrées.

Sans se soucier de grandes considérations politiques, ce roman nous plonge avec humanité au cœur des évènements en cours, un roman d’actualité au vu des tensions actuelles entre Kiev et Moscou.

Andreï Kourkov est né en Russie en 1961 et vit à Kiev depuis de très nombreuses années. Très doué pour les langues (il en parle couramment six), il débute sa carrière littéraire pendant son service militaire alors qu’il est gardien de prison à Odessa. Son premier roman, Le Pingouin, remporte un succès international. Son œuvre est aujourd’hui traduite en 36 langues. Les Abeilles grises est son dixième roman publié en France.

REINE DE COEUR

 

Dans la lignée de  son roman «  Ame brisée » (Prix des Libraires 2020), Akira Mizubayashi nous entraine une fois encore dans un univers où la musique se mêle aux atrocités de la guerre. Cette fois, « Reine de Cœur » nous raconte l’histoire chaleureuse et émouvante d’un jeune couple que les hasards de la vie va réunir à la recherche de leurs grands-parents séparés par la guerre sino-japonaise de 1938.

On entre dans ce livre par une scène brutale qui imprimera son empreinte sur la vie du jeune Jun, altiste étudiant en musique au Conservatoire de Paris, qui a été contraint de regagner le Japon pour être plongé bien  malgré lui dans les atrocités de la guerre.

Bien des années plus tard, Mizuné, jeune altiste française au début de sa carrière, est troublée par la lecture d’un roman qui ressemble tant à l’histoire de ses grands-parents. ! Elle fera la connaissance d’Otto venu lui aussi du Japon et sa quête de la vérité la mènera de surprise en surprise jusqu’à ce grand-père inconnu, altiste comme elle.

Si certaines scènes nous entraînent dans les exactions commises au nom de l’Empereur par les troupes japonaises présentes en Chine, l’auteur nous livre aussi de sublimes pages sur l’interprétation de la Huitième symphonie de Chostakovitch où il décèle la prégnance de la guerre. Nous retrouvons là l’amour de la musique qu’il sait nous faire partager avec, comme fil rouge, des œuvres de Strauss et Chostakovitch.

Il y a tout dans ce beau livre, l’amour, la guerre, la transmission, thème cher à l’auteur, et, par-dessus tout la musique.

 

 

 

 

LA PATIENCE DES TRACES

Simon, un psychanalyste célibataire et sans enfants, décide un jour de faire une pause. Lui qui passe son temps à écouter les gens raconter leur histoire sait qu’il refuse de laisser émerger les zones douloureuses de sa propre vie : une amitié brisée, un amour gâché, des regrets.
Pour pouvoir tourner la page, il s’installe au Japon, dans un lieu calme et isolé où il est accueilli par un couple d’une grande sérénité – chèrement acquise — et respectueux de toute chose. La découverte du Kintshugi, un art que pratique son hôte, agira sur Simon comme une révélation. Cet art qui consiste à réparer les pots cassés est une invitation non seulement à réparer nos propres blessures, mais à embellir nos cicatrices au lieu de les cacher.

Dans un style aussi dépouillé que le paysage japonais, Jeanne Benameur nous propose une véritable alchimie de la vie. Un petit livre tout en finesse et d’une grande sensibilité poétique, à lire — et à offrir — pour retrouver l’espoir et la joie de vivre.

ÉCOLE LA FONTAINE : RÉSULTATS DU PRIX LIVRENTÊTE 2022

14 classes de l’école maternelle et élémentaire La Fontaine ont participé au prix Livreentête organisé depuis une douzaine d’années par la Bibliothèque pour Tous. Dans chacune des catégories suivantes, les enfants devaient choisir leur livre préféré parmi les 5 qui leur étaient proposés. Leur palmarès est le suivant :

Catégorie Albums à partir de 3 ans
3 classes de maternelle, soit 56 enfants, ont voté. Un Loup sort dans la nuit, de Rudy Spiessert, a recueilli 17 voix, devant Je suis plus grand que toi de Hyewon Kyung (13 voix) et Rosie de Gaëtan Dorémus (12 voix). Les enfants se sont véritablement projetés dans ces 2 derniers récits, en empathie totale avec les personnages. Le Loup, lui, est toujours aussi efficace pour conjurer la peur avant de s’endormir.

Catégorie Albums à partir de 5 ans
2 classes de maternelle, soit 37 enfants, ont voté. Silex, de Stéphane Sénégas, a fait l’unanimité, recueillant la majorité des voix (18). Les dinosaures et les nombreuses scènes d’action ont beaucoup fait rire les enfants.

Catégorie Premières lectures (à partir de 7 ans)
5 classes, soit 91 enfants, ont voté pour Moustique répond toujours présent, de Sophie Guerrive (64 voix). Un véritable plébiscite pour cette BD drôle et trépidante.

Catégorie Enfants à partir de 9 ans
4 classes, soit 88 enfants ont voté. Mari moto : Seule contre l’ouragan, de Dorothée de Monfreid, a recueilli 31 voix, devant Les Aventures de moi-même – Journal de ma fugue de Charly Delwart et Ronan Badel (24 voix). Les enfants ont regretté que la fugue elle-même soit moins développée que sa préparation. Quant à Marie moto ils ont aimé, à travers le courage et la ténacité de l’héroïne, le message sous-jacent : les enfants ont plus de capacités qu’on ne le croit.

 

LE DIT DU MISTRAL

Voici un joli conte, aux parfums de notre enfance, balayé par un mistral ébouriffant.

Nous sommes dans le Lubéron, pour des fouilles archéologiques clandestines qui vont nous faire découvrir des mythes locaux ancestraux.
Les personnages très attachants de ce roman vont nous plonger peu à peu dans l’atmosphère provençale, avec beaucoup de poésie, de jolis proverbes locaux et un peu de magie.
Avec eux nous partons pour une véritable chasse au trésor qui va nous tenir en haleine jusqu’au bout du récit.

Ce  roman très généreux est une ode à l’amitié, à la rêverie, à la transmission. Il nous offre le plaisir de vagabonder quelques heures hors du temps et du chaos du monde.
Quel merveilleux et délicieux  moment de lecture  !

AVRIL 2022

ROMANS ou RECITS

BENAMEUR JEANNE  –  La patience des traces
CHAMI Yasmine  –  Médée chérie
CHAMI Yasmine  –  Dans sa chair
DURASTANTI Sylvie  –  Sans plus attendre
DANGEL Isabelle  –  L’autre côté de la mer
GESTERN Hélène  –  555
GURNAH Abdulrazak  –  Près de la mer
GOURAIGE Laure  –  Les idées noires
KENNEDY Margaret  –  Le festin
KOURKOV Andréï  –  Les abeilles grises
LLONET Anaïs  –  Au café de la ville perdue
MIMOUN Maurice  –  Fils de
MIZUBAYASHI  –  Reine de coeur
MAK BOUCHARD  –   Le Dit du Mistral

ROMANS POLICIERS ou ROMANS NOIRS

GREBE Camilla  – L’horizon d’une nuit
HAAS Véronique de  –  La muse rouge
IZAMBARD Max  –  Marchands de mort subite
LIPPMAN Laura  –  La voix du lac
SIGURDARDOTTIR  –  Le trou

ROMAN GRAPHIQUE

DAVODEAU Etienne  –  Le droit du sol

 

Ton absence n’est que ténèbres

« Ton souvenir est lumière et ton absence ténèbres ». Un homme lit cette phrase sur une pierre tombale au fin fond d’un fjord islandais. Cet homme vient de reprendre conscience dans l’église attenante se rendant compte qu’il est amnésique.

Les gens qu’il rencontre sont heureux de le revoir et tour à tour vont lui raconter l’histoire de leur famille. Le narrateur écrit toutes les histoires qu’il entend au fur et à mesure de ses rencontres.

Ces histoires s’enchaînent donc mêlant les époques et les nombreux personnages. Ce qui semble un peu décousu au départ prend sens : il s’agit de la saga d’une famille islandaise qui a commencé 120 ans auparavant par un article sur les lombrics.

Ecrit et traduit dans une langue poétique. L’auteur, Jon Kalman STEFANSSON, nous parle de mort, de deuils, de vies pauvres et difficiles mais également d’amour et de musique, de lectures, de lumière, de paysages magnifiques. S’y mêlent le passé, le rêve à la réalité d’aujourd’hui et à côté des vivants les morts sont aussi présents. C’est un roman exigeant et merveilleux : à lire absolument.