Tous les articles par biblio

MARS 2018

ROMANS  

 ABECASSIS Eliette  –    Le maître du Talmud

BILE Serge  –  Yasuké

CLAUDEL Philippe  –  L’archipel du chien

 HOLDER Eric  –      La belle n’a pas sommeil

 PAASILINNA Arto  –    Un éléphant, ça danse énormément

 ROSNAY Tatiana de   –    Sentinelle de la pluie

TALLENT Gabriel    –     My absolute darling

TEULE Jean    –       Entrez dans la danse

WESTÖ   –     Nos souvenirs sont des fragments de rêve

 RECITS ou NOUVELLES

BEN JELLOUN Tahar –     La punition

 FRANCESCHI Patrice   –   Dernières nouvelles du futur

 JABLONKA Ivan    –     En camping-car

 POLICIERS

ASHDOWN Isabel  –  Juste avant la nuit

CLEVELAND Karen  – Toute la vérité

GARDNER Lisa–  Lumière noire

MANOOK Ian   –   La mort nomade

 VIEGAS Francisco   –     Le collectionneur d’herbe                         

 

 

 

 

 

 

 

JANVIER 2018

ROMANS  

 BOULAY Clarence – Tristan

 BOURDEAUT Olivier –  Pactum Salis

 BELLO Antoine – L’homme qui s’envola

 CUSSET Catherine  – Vie de David Hockney

 DJAVAHERY Javad – Ma part d’elle

 FERRANTE Elena  – L’enfant perdue

 HAUTHUILLE Marie d’ – L’épicerie

 LEMAITRE Pierre – Couleurs de l’incendie

 PLAMONDON Eric  – Taqawan

 SINOUE Gilbert  – Averroès ou le secrétaire du diable

 TSEDEVDAMBA  – Le moine aux yeux verts

 VIGAN Delphine de – Les loyautés

 

POLICIERS

 GARDNER Lisa  –  Famille parfaite

 NESBO Jo –  La soif

 NOREK Olivier – Entre deux mondes

 VICHI Marco –  Mort à Florence

 SIGURDARDOTTIR –  ADN

 

 

 

 

La conquête des îles de la terre ferme

Après l’art de la guerre, prix Goncourt 2011, Alexis Jenni nous entraine dans une extraordinaire épopée : celle d’Hernan Cortez et de sa découverte d’un continent et d’un empire incroyable au Mexique.
C’est par l’intermédiaire de Juan de Luna, personnage qui fait partie des conquistadors, qu’Alexis Jenni, dans un style fluide et coloré, va nous la raconter.

Au soir de sa vie, cherchant à comprendre ce qui s’est passé, Juan de Luna se souvient. Jeune hidalgo pauvre d’Estrémadure, il entre au couvent mais doit en partir après s’être laissé séduire par une femme. Il se rend à Séville, où le mari de sa maitresse lui donnera le choix entre la mort et l’embarquement. Il embarque donc sur un bateau qui l’amène à Cuba où il fait la connaissance d’Hernan Cortez. En février 1519, Cortez recrute une armée de 500 hommes dont fait partie Juan, qui devient son secrétaire.

Ce récit, qui commence dans la quête de soi, le désir d’aventures et l’innocence de ce jeune hidalgo, bascule dans l’horreur avec la progression des conquistadors vêtus d’armures brillantes et accompagnés de leurs chevaux et de leurs chiens. Les exactions, les massacres – de part et d’autre – sont des faits connus mais ils sont d’autant plus violents que nous les vivons de l’intérieur.

Astucieusement construit, très bien documenté, merveilleusement écrit, rendant vivante la description de l’Espagne du XVI siècle, le péril des voyages sur mer, les combats et la vie des soudards au repos, ce livre est une réflexion lucide sur le pouvoir, la cupidité, l’humiliation et la disparition d’une civilisation. Il est aussi violent que l’a été la conquête.

Gabriële

C’est à la recherche de leur arrière grand-mère que partent les deux sœurs Berest : Gabriële Buffet, décédée en 1985 à l’âge de 104 ans, qui fut l’épouse de Francis Picabia.
Qu’aurait fait de sa vie cette musicienne indépendante, élève de Vincent DINDY qui avait ensuite entrepris des études de composition à Berlin et que son maître de musique trouvait prometteuse, si……

Sa vie bascule en 1908 quand son frère amène à la table familiale un peintre insouciant, passionné de belles voitures. C’est d’abord une attirance intellectuelle qui les réunit et qui persistera tout au long de leur vie maritale et au-delà de leur séparation. Leur relation est avant tout au service de l’art, passion qu’ils vont partager et défendre et qui permettra à Picabia de passer de la peinture impressionniste à la peinture d’avant-garde telle qu’il la révèlera aux Etats- unis.
L’exclusivité de cette passion laisse peu de places aux enfants qui naissent. Ils sont considérés comme des obstacles et éloignés. De nombreux artistes vont partager leur vie, notamment Marcel Duchamp et Guillaume Apollinaire.

Belle peinture d’une femme de son temps où, quels que soient son indépendance, son originalité et ses talents, on finit par s’effacer devant ceux de son conjoint, et où l’on met son intelligence au service des productions masculines.
Au-delà de Gabriële, on s’immerge dans les courants artistiques du début du XXe siècle et on découvre les facettes intimes d’artistes dont on ne connaissait que les œuvres.

L’art de perdre

Une saga familiale qui débute en Kabylie dans les années 30 et se termine à Paris, de nos jours, avec Naima. Celle-ci connait peu de choses sur sa famille paternelle. Ali, son grand père, devenu riche grâce à la culture et au commerce des olives et ancien harki, a disparu avant qu’elle ne se pose des questions. Sa grand-mère Yema ne parle qu’arabe, langue inconnue de Naima. Hamid son père, honteux de son père, tait l’histoire familiale.

Ali, Hamid, Naima : trois générations d’une famille séparée culturellement par les conséquences de la guerre de libération de la colonisation. Pour Ali et sa famille, l’exil forcé, la perte d’identité, l’invisibilité dans les camps de harkis avant de se retrouver dans un HLM normand. Pour Naima, la barrière de la langue et de la culture.

A l’issue de ce retour aux sources familiales, Naima s’autorisera enfin à être elle-même.

Ce roman évoque avec subtilité et émotion les destins brisés par l’Histoire ­— l’exil, le déracinement, le lourd poids de l’héritage familial mais aussi la force de l’amour filial. Si on ajoute à cela l’élégance de l’écriture d’Alice ZENITER, on comprend que ce livre ait reçu le prix des lycéens 2017.

SUMMER

Summer est le prénom d’une jeune fille qui, un jour d’été au cours d’un pique nique au bord du lac, disparaît. Et chacun de se perdre en conjectures…

Vingt-quatre ans après cette disparition non résolue, son frère Benjamin, maintenant âgé de 38 ans, est envahi au détour d’une crise d’angoisse par le fantôme de sa sœur, au point de ne plus pouvoir vivre normalement. Aidé par son médecin, il va s’interroger sur l’omerta qui a entouré cette disparition – laquelle lui occasionne des cauchemars récurrents liés au lac.

Le lac Léman est en effet le troisième personnage du roman. C’est près de lui qu’habite la famille. Le récit va remonter aux circonstances de ce drame et nous plonger dans la vie de cette famille modèle et mondaine. A travers les flashbacks qui assaille le narrateur, le lecteur découvre les relations entre les différents protagonistes de la famille. Et sera confronté en même temps que le narrateur à la révélation du secret de famille, séisme intérieur pour Benjamin.

Quant au lac, personnage à la beauté fascinante, les descriptions poétiques qu’en donne Monica SIEBOLO donnent envie de s’y plonger.

Jeu blanc

De Richard Wagamese, nous avions aimé Les étoiles s’éteignent à l’aube. Jeu blanc est le second roman traduit en français de cet auteur canadien amérindien. Comme lors du précédent roman, il nous parle du peuple indien à travers l’histoire du jeune Saul Indian Horse.

Celui-ci est un jeune indien Ojibwé, élevé dans sa famille loin de la « civilisation ». Les saisons, la pêche et la chasse rythment la vie du clan. Mais cette vie idyllique n’a qu’un temps et Saul, comme d’autres jeunes indiens, se retrouve dans un pensionnat religieux où tout est fait pour lui faire oublier leurs origines. Saul a un don pour le hockey sur glace, sport national en plein essor. Il participe si brillamment à des matchs entre indiens qu’il est pressenti pour jouer au niveau national. Mais être le seul indien au sein d’une équipe blanche sera douloureux.

En peu de pages, WAGAMESE réussit un récit poignant, attachant et émouvant. Pour un peu, il nous ferait aimer le hockey. On retrouve la langue fluide et poétique qui nous avait tant séduits dans son précédent roman.

DANS LA FORET

Le monde tel qu’il était n’existe plus. Pas d’explosion nucléaire, pas d’invasions, juste une usure du monde d’avant, plus d’électricité, plus d’essence, la civilisation disparaît …. Nell et Eva (17 et 18 ans) sont recluses dans  leur  maison en bordure de la forêt de Redwood en Californie. Les nouvelles du monde extérieur leur parviennent assourdies, elles vont devoir tout réinventer pour survivre.

Jean Hegland nous propose un roman simple, un récit initiatique à travers le journal de Nell, un récit qui nous parle immédiatement. Nous nous identifions à ces jeunes filles qui  se retrouvent livrées à elle-même, sans mère puis sans père. Elles devront renoncer à leurs rêves (entrer à Harvard, devenir danseuse) et réinventer leur vie au quotidien. La forêt peut les nourrir, les soigner, les protéger, cette découverte est magnifiquement décrite dans ce livre. On sent, on voit, on respire les plantes tant les descriptions sont précises. Jour après jour Nell et Eva vont apprendre à prolonger leurs maigres stocks de nourriture, à faire pousser des graines, à se chauffer, se soigner et se défendre contre les animaux sauvages et les prédateurs humains. Quand tout espoir de retrouver le monde d’autrefois se sera évanoui, c’est vers la forêt qu’elles se tourneront pour trouver une nouvelle vie.

Paru il y a vingt ans aux Etats-Unis, ce récit reste cependant d’actualité et nous incite à une remise en question des modes de consommation immodérée qui mettent chaque jour un peu plus notre monde en péril. « Dans la forêt » est un roman d’aventures, un huis clos qui explore la relation entre deux sœurs. Ecrit dans un style vivant et vivifiant c’est un livre avec lequel on peut vivre, le lire, le relire et le faire découvrir pour partager nos émotions, un très beau livre.

 

 

LES HUIT MONTAGNES

 

Les parents de Pietro louent une maison pour leurs vacances d’été au Val d’Aoste, à Grana afin  de revivre leurs souvenirs de jeunesse. Le père, taciturne et autoritaire entraine son fils sur les sentiers de randonnée, toujours plus haut, jusqu’aux glaciers. Pietro fait la connaissance de Bruno un garçon de son âge qui vit dans les alpages l’été. Les deux enfants ont en commun une relation difficile avec leurs pères. Une amitié indélébile naitra entre le citadin et le  montagnard. Ils s’apprivoisent et partagent les secrets des torrents où se nichent les truites et les montées vers les sommets.  En  grandissant ils s’éloignent l’un de l’autre mais lorsque Pietro revient à Grana après vingt ans d’absence, leurs souvenirs d’enfance sont intacts et leur amitié toujours aussi forte.

Ce récit intimiste raconté à la première personne du singulier, dans un style simple et poétique, est une histoire poignante d’initiation, d’amitié, de filiation mais aussi et encore plus une déclaration d’amour à la montagne. Nous marchons à côté des enfants, savourant le pouvoir d’attraction de la montagne et son message d’initiation : la vie elle-même n’est-elle pas une randonnée vers l’inconnu ? Parfois on abandonne le sentier pour atteindre une crête « juste pour le plaisir de découvrir ce qu’il y a de l’autre côté. » Des années durant le petit Milanais reviendra au village de Grana pour repartir et ressentir à nouveau la nostalgie des cimes.

Ce roman a obtenu le prix Strega 2017 (sorte de Goncourt italien).

À l’image de Pietro, héros des “Huit montagnes”, Paolo Cognetti a passé les étés de son enfance et de son adolescence  en montagne, et c’est là qu’à trente ans, tournant le dos à la ville, il a renoué avec la liberté et avec l’inspiration, un épisode de sa vie qu’il a raconté dans son carnet de montagne « Le Garçon sauvage ».

 

Sélection du Prix 2018 des Lecteurs d’Antony

Les livres sélectionnés par les partenaires du Prix des Lecteurs d’Antony (Médiathèques Anne Fontaine et Arthur Rimbaud,  Librairie la Passerelle et Culture et Bibliothèque pour Tous) ont été dévoilés lors du café littéraire du 9 décembre. Cette année, 10 romans et 5 romans policiers vous sont proposés, ainsi que plusieurs rendez-vous à ne pas manquer :

* Une rencontre avec 3 auteurs de la sélection aura lieu à la médiathèque Anne Fontaine, le vendredi 19 janvier à 20h. Il s’agit de Caroline Laurent (Et soudain la liberté) et de Anne et Claire Berest (Gabriële).
* Comme l’année dernière, une promenade gourmande (discussion littéraire autour d’un brunch) sera organisée à la médiathèque. Elle aura lieu cette année le samedi 10 mars 2018 à 10h 30.
* Le vote aura lieu sur place ou en ligne (site internet des médiathèques) du 14 avril au 25 mai.
* Les résultats du prix auront lieu le samedi 26 mai 2018 à 10h 30, à la médiathèque Anne Fontaine.
Bonne lecture !

ROMANS

Mc EWAN  Ian   –  Dans une coque de noix
HEGLAND  Jean  –  Dans  la  forêt
SHALEV  Zeruya  –  Douleur
COGNETTI  Paolo  –  Les huit montagnes
LIGHIERI  Rebecca  –  Les Garçons de l’été
RUFFIN  Jean-Christophe  –  Le tour du monde du roi Zibeline
KINER Aline  –  La nuit des Béguines
DUCROZET Pierre  –  L’invention des corps
BEREST  Anne et Claire  –  Gabriële
LAURENT  Caroline,  PISIER Evelyne  –  Et soudain la liberté

ROMANS POLICIERS

MOATTI  Michel  –  Tu n’auras pas peur
CAYRE Hannelore   –  La Daronne
BARTELT  Franz –  Hôtel  du Grand Cerf
MEYER  Deon  –  L’année du Lion
D’ANDREA Luca – L’essence du Mal