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CHECK – POINT

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Dans son dernier roman, « Check-Point », Jean-Christophe Rufin, fort de son expérience de French Doctor de L’Humanitaire, nous fait traverser la Bosnie en état de conflit à la suite d’un modeste convoi humanitaire. Deux camions fatigués, deux hommes, une femme. Quatre personnages qui poursuivent chacun leur but qui n’est pas seulement l’aide à apporter à ceux qui souffrent. Ils vont traverser les ruines, les charniers, les check-points qui sont l’expression du chaos qui règne dans ces pays en guerre civile. La tension monte dans l’espace restreint des cabines des camions et peu à peu le but du voyage change. Ce huis-clos révèlera leur vraie nature et les contraindra à franchir leurs propres check-points, à faire les choix essentiels à leur survie.

Construit comme un thriller psychologique, ce roman d’aventure plein de péripéties nous révèle les limites et les dilemmes de l’action humanitaire : donner une couverture … ou un fusil ?

Jean-Christophe Rufin, dans le style limpide qui lui est propre, nous éclaire sur un conflit proche de nous et qui a déchiré d’Europe. Dans une postface très intéressante, sans faire de prosélytisme et loin des idées reçues, il nous amène, dans le contexte actuel des conflits mondiaux, à nous interroger sur le but de l’action humanitaire de nos jours.

SOUDAIN SEULS

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Louise et Ludovic, un couple de trentenaires, décident, afin de rompre avec le quotidien, de partir à l’aventure, faire le tour du monde en voilier. Le couple échoue sur une île déserte entre la Patagonie et le Cap Horn. Comment survivre? Seuls dans une nature hostile, avec pour seuls compagnons: manchots et otaries, les péripéties sont multiples, la confrontation à la nature est rude.

La célèbre navigatrice nous entraîne avec beaucoup de talent dans cette aventure qui vire au cauchemar, évoquant avec brio la beauté de cette région du bout du monde, traduisant avec justesse les sentiments de ses personnages, l’évolution des caractères, nous conduisant également à une réflexion sur le couple.

Dans la deuxième partie du livre, le retour à la vie normale s’avère aussi difficile à affronter et révèle le véritable enjeu de la « confrontation primitive avec la vie, celle qui pousse à agir au-delà de tout code et de toute règle. »

Un roman captivant que vous ne lâcherez pas.

TOUTE LA LUMIERE QUE NOUS NE POUVONS VOIR

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Le 7 août 1944 la ville de Saint Malo est sous les bombes des Forces Alliées. Marie-Laure Leblanc, jeune réfugiée aveugle de 16 ans attend dans l’angoisse le retour de son oncle. Werner Pfenning, soldat allemand expert en transmissions électromagnétiques, chargé de débusquer les émissions clandestines de la Résistance, se réfugie dans une cave…

Antony DOERR nous ramène dix ans en arrière pour nous raconter, dans de courts chapitres qui s’alternent, l’histoire peu banale de ces deux adolescents. Marie-Laure perd la vue à l’âge de six ans. Son père, gardien des clés au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris, construit des maquettes pour lui apprendre la ville au bout de ses doigts et la rendre indépendante. Werner, lui, grandit avec sa sœur Jutta dans un orphelinat. La découverte d’un vieux poste radio qu’il répare va révéler ses talents exceptionnels en électromagnétisme. Il sera enrôlé dans les Jeunesses Hitlériennes et rejoindra ensuite la Wehrmacht sur les fronts de l’est et finalement à Saint Malo où son chemin croisera celui de Marie Laure.

Ce récit renouvelle la manière de traiter cette sombre période de l’Occupation et nous montre que la guerre est aussi faite d’une multitude d’histoires individuelles. Aux personnages secondaires attachants s’ajoute le suspense de la poursuite d’un diamant fabuleux « Océan de flammes » très convoité car sensé procurer la vie éternelle. Dans un style imagé l’auteur dépeint l’importance du libre arbitre qui permet de faire le choix de la lumière et de l’espoir même aux heures les plus sombres. Découvrez sans plus tarder ce roman à plusieurs niveaux de lecture qui nous tient en haleine jusqu’au bout.

Antony DOERR a 41 ans et vit dans l’Idaho aux Etats Unis. Auteur de « Le nom des coquillages » et « A propos de Grace », il participe au Festival Etonnants Voyageurs de Saint Malo où il situera son roman. Finaliste du National Book Award, sacré meilleur livre de l’année par la presse américaine, il a obtenu le Prix PULITZER 2015.

 

RÉSULTATS DU PRIX DES MÉDIATHÈQUES D’ANTONY

Les résultats du prix des médiathèques d’Antony (ex-Prix des Lecteurs de la ville d’Antony) ont été proclamés le samedi 6 juin à la médiathèque Anne Fontaine.

Catégorie roman
1er prix ex-aequo :
Benjamin WOOD, Le complexe d’Eden Bellwether (Ed. Zulma)
Nell LEYSHON, La couleur de lait (Ed. Phébus)

Catégorie polar
1er prix : Dan SMITH – Le Village (Le Cherche Midi)
2e prix : Qiu XIALONG – Dragon bleu, tigre blanc (Ed. Liana Levi).

Le complexe d’Eden Bellwether (voir notre coup de coeur) est le livre que la Bibliothèque pour Tous avait proposé pour la sélection et présenté aux lecteurs.

JUIN 2015

ROMANS

AUTISSIER Isabelle  – Soudain, seuls

BURTON Jessie – Miniaturiste

BUSQUETS Milena – Ça aussi, ça passera

CATHER Willa – Saphira, sa fille et l’esclave

DE LUCA Erri – Histoire d’Irène

DES HORTS Stéphanie – Le bal du siècle

DUNMORE Hélène – Le mensonge de David Branwell

DOERR Anthony – Toute la lumière que nous ne pouvons voir

ECO Umberto – Numéro Zéro

HISLOP Victoria – La ville orpheline

JACQUES Paula – Au moins il ne pleut pas

KENNEDY Douglas – Mirage

SCHWARZ-BART Simone et André –  L’ancêtre en solitude

ZEVIN Gabrielle –  L’histoire épatante de Mr Fikry

RECITS

CHAUDRUN Nicolas -Le Brasier  Le Louvre incendié par la Commune

MACLEAN  Fitzroy  –  Dangereusement à l’est (1936 – 1945)

LOBO ANTUNES  Antonio  –  Au bord des fleuves qui vont

 ROMANS POLICIERS

BUSSI MICHEL – Maman a tort

MINIER Bernard – Glacé

THEORIN Johan – Fin d’été

 

 

 

MAI 2015

ROMANS

DJAVANN Chahdortt  –  Big Daddy

FRANKLIN Tom & FENNELLY  –   Beth Dans la colère du fleuve

HUTH Angela  –  Mentir n’est pas trahir

GEIGER Arni  –  Tout sur Sally

JORGE Lidia  –   Les Mémorables

HUGUENIN Cécile  –   La saison des mangues

NICHOLLS David  –   Nous

MUSSO Guillaume  –   L’instant présent

RUFIN Jean-Christophe  –   Check-point

SANSOM Ian  –   Le mystère des livres disparus

SIZUN Marie  –   La Maison-Guerre

TREMBLAY Larry  –   L’orangeraie

POLICIERS

CONNELLY Michael –  Dans la ville en feu

DEL ARBOL Victor  –   Toutes les vagues de l’océan

ELLROY James  –   En attendant Perfidia

KERR Philip  –   Les ombres de Katyn

REDONDO Dolores  –   De chair et d’os

DOCUMENTS – BIOGRAPHIES

KLARSFELD Beate et Serge  –   Mémoires

 

 

 

REMISE DES PRIX CBPT 2015

Helène Gestern

Le 6 mai, l’Union nationale Culture et Bibliothèques pour tous a procédé à la remise des prix littéraires de l’année 2015.
Le Prix CBPT a été attribué à Hélène Gestern (photo ci-dessus) pour Portrait d’après blessure (éditions Arléa).
Le Prix Livrentête a été attribué,  pour les 2 catégories d’ouvrages auxquelles la Bibliothèque  d’Antony participe, à  :
– J. BÉZIAT,  Le Mange-doudous (Ed. Pastel/L’École des loisirs) pour la catégorie « Livres d’images » (4-7 ans)
– K. FULL,  Bonjour l’ami (Ed. Picquier Jeunesse) pour la catégorie « Premières lectures » (7-9 ans).

 

Plus haut que la mer

plus haut que la mer

Les passagers d’un bateau accostent sur une île transformée en quartier de haute sécurité. Le fils de Paolo, professeur de philosophie, y détenu pour assassinat politique – il était d’ailleurs membre des Brigades rouges. Le mari de Luisa, une paysanne mère de cinq enfants, a assassiné son compagnon de beuverie puis le gardien d’une autre prison.

A l’issue de la visite, tous deux sont bloqués  sur l’île à cause de la tempête. Durant cet isolement d’une nuit sous la surveillance de Pierfrancesco, l’un des gardiens lui aussi enfermé dans sa douleur, le destin de ces trois personnages va changer de cours. Comment comprendre ce fils, tueur froid et implacable ? Comment vivre au village lorsqu’on est la femme de l’assassin ? Comment dire à son épouse que la colère a transformé en tortionnaire celui qui est chargé de faire appliquer la loi ? De leurs larmes libératrices, de leur douleur enfin mise en mots naîtra une belle complicité, une superbe histoire d’amour, et peut-être un nouveau départ dans la vie.
Un court roman qui nous plonge dans l’Italie des années soixante-dix, celle des « années de plomb ». De ce drame collectif, Francesca Melandri a tiré un récit dense et incisif, d’une écriture élégante.

 Née à Rome en 1964, Francesca Melandri est scénariste de cinéma et télévision et réalisatrice. Eva dort, son premier roman, a obtenu de nombreux prix. Elle est la sœur de Giovanna Melandri, ministre de la Jeunesse et du Sport dans le seconde gouvernement de Romano Prodi.

Amours

amours,L de Recondo

 

Nous sommes au 19e siècle, dans une maison bourgeoise de province. Victoire est la femme du notaire d’un bourg cossu du Cher, Anselme de Boisvaillant. Son mari l’indiffère, elle s’ennuie et rêve d’avoir un enfant pour occuper ses journées. Aussi lorsque Céleste, la petite bonne, se trouve enceinte, le couple prend une décision : il sera leur enfant. Ainsi les convenances seront sauvegardées.
Mais Victoire, contrairement à Céleste, n’a pas la fibre maternelle. Surtout, Victoire n’est pas Emma Bovary, et ce qui aurait dû être un secret de famille entre gens ordinaires dérape lorsque survient la passion amoureuse la plus inattendue. La violence des sentiments fera voler en éclat les barrières sociales et les certitudes d’une époque corsetée autant physiquement que moralement.
Léonor de Récondo réussit à merveille, par son style ciselé et musical, à décrire la tension et la passion de ce huis-clos familial. Un récit d’une intimité troublante et un petit bijou d’écriture.

Agée d’à peine 40 ans, Leonor de Récondo a derrière elle une longue carrière de violoniste, instrument qu’elle pratique depuis l’âge de 5 ans. Violon solo de l’orchestre symphonique de Boston alors qu’elle n’était encore qu’étudiante, elle fonde à son retour en France le quatuor à cordes Arezzo puis se spécialise dans la musique baroque, enregistrant de nombreux disques. Amours, son 4e roman, a obtenu le grand prix RTL-Lire et le prix des libraires.

Americanah

Americanah

Ifemelu et Obinze se sont connus sur les bancs du lycée de Lagos (Nigeria) et aimés dès le premier regard. De familles aisées, ils projettent de poursuivre leurs études aux Etats-Unis. Ifemelu part pour Philadelphie où elle se trouve confrontée à de nombreuses difficultés auxquelles elle n’était  pas préparée, en particulier au racisme de la société américaine. Après avoir traversé bien des épreuves, Ifemelu décide de créer un blog pour briser le silence et faire comprendre ce que signifie être Noir(e) dans l’Amérique qui s’apprête à élire Barack Obama.
Après 15 ans d’exil, elle décide de rentrer au pays et de retrouver son amour de jeunesse. Elle est désormais une « Americanah », comme disent les Nigerians de ceux qui reviennent au pays après avoir émigré en Amérique.

 Americanah est à la fois une belle histoire d’amour, une dénonciation des contradictions de l’Amérique d’aujourd’hui et une vision sans concession de l’Afrique.
Chimamanda Adichie nous rappelle de façon magistrale que c’est dans le regard des autres que se construit notre identité. Comment vivre lorsque l’on passe d’un pays où être métis est un privilège à un pays où être métis, et à fortiori être noir, est un handicap ? L’auteur porte un regard neuf, acéré et ironique, non seulement sur les relations entre Blancs et Noirs mais aussi sur celles des Noirs entre eux. Ainsi, même lorsqu’il vient d’un milieu aisé comme Ifemelu, un émigrant Africain se trouve coincé entre les Blancs d’une part, et les Afro-Américains  – nés sur le sol américain – d’autre part. Ce qui donne lieu à des situations auxquelles l’auteur nous invite à rire plutôt que d’en pleurer.

Cette très belle œuvre romanesque, à la construction classique et à l’écriture fluide, est le 3e roman d’une jeune Nigeriane de 37 ans. Ses deux premiers romans, L’Hibiscius pourpre et L’ Autre moitié du soleil, ont reçu plusieurs prix littéraires aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Chacun de ses romans a été traduit dans une trentaine de langues.